Potagers :

Les potagers ont commencé à être mis en place dès notre arrivée, l'objectif étant à terme d'être autonomes en légumes... Les deux premiers potagers qui ont vu le jour sont celui pris en charge par Yohan, sous la chèvrerie, et celui pris en charge par Lara, sur une terrasse sous la piste, nos premiers vrais potagers! Nous allons donc expérimenter, et observer... Yohan a fait des petites terrasses sur une parcelle très exposée au vent, il a construit des brise-vents avec des cannes de Provence récupérées sur les rives de la Têt. Lara a commencé à mettre en place des planches surélevées ainsi qu'une longue et haute butte très grossière (terre, cailloux, fumier)! C'est (ENFIN!) le moment pour Lara de commencer à s'essayer à la production de semences, un projet de longue date! Une terrasse sous la maison a été consacrée aux tomates avec un goutte à goutte pour économiser du temps d'arrosage (1h30 d'arrosage soit environ 500 litres tous les trois ou quatre jours).

Potager de Lara

Potager de Yo

Puis la deuxième année s'y sont ajoutées plusieurs terrasses, la première accueille une butte permacole mise en place par Sarai, Marta et Maria les guérilla gardeners de Barcelona!

Des améliorations ont été apportées aux deux premiers potagers, Yohan a essayé les buttes Philippe Forer et Robert Morez, Lara a fini de construire ses rectangles et a remplacé le goutte à goutte par du microporeux, tandis que Pascale, Petit-Jean, Filippo et Luana ont progressivement remis en culture les terrasses du bas…

En 2014 Gab a commencé un nouveau potager sous la yourte collective, à son départ nous avons décidé que ce serait un potager wwoofer ou collectif… C'est Joachim qui s'en occupe à présent, faisant ses premiers essais!

L'année 2015 a été très intense du côté des chèvres, Yo et Lara ont dû « abandonner » leurs potagers, à grand regret et frustration, mais ce n'est que partie remise !

Bilan après quatre années: les buttes et planches surélevées fonctionnent bien mieux ici que les parcelles simplement aérées, un apport conséquent de matière organique semble indispensable, le fumier que nous procurent les chèvres est parfait tant par sa qualité que par sa quantité! Nous ne retournons pas la terre, préservant ainsi sa structure et les organismes qui y vivent, qui l'aèrent, qui décomposent la matière organique et la rendent disponible pour les plantes... Nous n'avons jusqu'ici pas été assez généreux au niveau du paillage, pourtant indispensable en climat sec, faute de temps, et de paille!

Les ressources en eau sont limitées, notre source donne bien en hiver mais peu en été, nous avons donc amélioré la capacité de stockage en achetant une piscine d'occasion de 27000 litres, ce qui nous permet d'augmenter les potagers, mais nous devons être très attentifs à notre consommation d'eau...

Les semences imposent des contraintes spécifiques: Lara surveille les variétés qui sont intégrées aux potagers pour éviter les hybridations, pour certaines espèces il suffit de ne pas laisser fleurir, pour d'autres on se cantonne (un an sur deux?) à une variété... Il lui faut aussi s'assurer que les futurs porte-graines ne sont pas récoltés, voire croqués par des coquines de chèvres ayant échappé à notre vigilance, un évènement (vécu) hautement anxiogène!!!

Arbres fruitiers:

 

Nous avons acheté à la pépinière Bury une sélection de fruitiers de variétés anciennes (adaptées à la sécheresse dans la mesure du possible). Nous les avons plantés à divers endroits selon notre instinct: pommiers et poiriers plutôt 'au frais' dans la future forêt fruitière, cerisiers sur les terrasses ensoleillées où croît un énorme et magnifique merisier, figuiers, amandiers, pêchers et abricotiers sur les terrasses bien exposées au soleil, plaqueminiers près de la maison pour leur qualité ornementale, quelques arbres dans les potagers... Nous les avons paillés, et leur avons apporté un seau de fumier chacun chaque automne. Nous ne les arrosons qu'en période sèche et une seule fois par mois (10L) afin qu'ils développent un bon système racinaire et s'adaptent mieux à la sécheresse...

Ces derniers nous fourniront des fruits dans un délai relativement court (5 ans?), ainsi que des greffons pour greffer des arbres que nous aurons semés, le semis direct étant bien plus judicieux en terrain sec, puisque la racine pivotante des arbres est très puissante et peut aller s'enfoncer dans le sol pour y trouver son eau... Ainsi, nous avons à l'automne semé des noyaux (abricot, pêche, amande...) et des graines diverses pour le fourrage futur (caroube, aulne) et l'ornement (arbre de Judée, cèdre du Liban) et pour briser le vent...

Bilan ici: des pertes au niveau des jeunes arbres (déracinés par les sangliers ou assoiffés), les graines semées ont pas mal germé, mais n'ont pas supporté la sécheresse de l'été... Elles auraient eu besoin d'un suivi plus régulier...

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