Élevage

 

Chevres

Pendant 35 ans, la ferme a été dédiée à l'élevage caprin avec transformation fromagère, en bio depuis 1992. Le terrain s'y prête parfaitement bien, car toutes ces étendues de chêne vert pourraient difficilement être valorisées mieux que par les chèvres! (valorisé signifie pour nous transformé en délicieux fromages et en fumier, donc en nourriture...)

A notre arrivée ici, donc, il y avait déjà un grand bâtiment agricole (chèvrerie) ainsi qu'une fromagerie fonctionnelle, et des grands parcs clôturés, qui permettaient à l'ancienne chevrière-fromagère, Annie, de mener tout de front toute seule! La ferme était déjà en bio, avec une place sur le marché de Thuir.

Nous n'avions pas le projet de faire un élevage, et n'avons pas été formés pour cela... nous sommes plutôt des jardiniers-permaculteurs et des bricoleurs! Mais nous souhaitons rester dans la continuité de l'histoire de ce lieu que nous aimons, il nous semble logique de faire vivre ce qui est là et a été mis en place avant notre arrivée... et puis c'est l'élevage qui constitue la viabilité du lieu et qui nous a permis de devenir une ferme Terre de Liens, et rien ne nous fait peur, et nous prenons du plaisir à apprendre sur le tas!

Première décision concernant cette activité, en tant qu'amoureux du règne végétal: nous mettons les parcs au repos, et faisons pâturer les chèvres plus loin! Ainsi, les parties les plus propices (terrasses proches) sont remises progressivement en culture, et les chèvres trouvent leur subsistance dans le maquis! Ceci nécessite qu'une personne sorte les chèvres chaque jour! Avant, ça nous prenait toute la journée, tous les jours, et à force, nous le vivions comme une contrainte... puis à force d'entrainement (connaissance de la zone pour elles, lâcher-prise et confiance pour nous), nous avons fini par alléger l'atelier pâturage. En général, selon les zones et leur humeur, nous les accompagnons une bonne demi-journée, puis nous les lâchons, et elles rentrent toutes seules!

Ce travail de berger, c'est l'occasion de travailler sur soi, de prendre de la hauteur, du recul, d'être dans les éléments, d'observer la nature... c'est très bénéfique pour l'individu qui s'y colle, même si c'est parfois dur (comme tout travail sur soi).

Par le pâturage (6 à 10H par jour), nous réduisons de façon significative la ration de foin et de grain (que nous devons acheter puisque les terres ne se prêtent pas a sa production) et rendons l'atelier élevage aussi autonome que possible... Ca a un effet très bénéfique sur l'équilibre et la santé des chèvres, et a un impact aussi sur la qualité et le goût du fromage.

Pour préserver la diversité végétale et donc éviter le surpâturage, nous avons découpé la montagne en zones, afin que la végétation puisse se reposer et se régénérer... Nous envisageons de collaborer avec les autorités compétentes pour mettre en place des coupes-feu et participer ainsi à la protection de la région des Aspres contre les incendies dont elle est régulièrement le théâtre et la victime…

Nous créons petit à petit des 'prairies' en arrachant sur certaines zones les cistes, puis le seneçon qui lui succède, et à force de patience nous voyons la belle herbe repousser!!!

Nous envisageons l'atelier élevage en collectif, car nous sommes passionnés par d'autres choses: permaculture, autonomie, éducation, créativité... Ainsi Lara souhaite avancer dans son projet de production de semences adaptées à la sécheresse, ainsi que dans divers domaines de la vie (agricole et non-agricole), et Yohan souhaite avancer dans son projet de plantes aromatiques et médicinales, et agro-tourisme...

Nous avons fait le choix (un peu aidé par le hasard!) d'élever des chèvres de la race Poitevine, plutôt que les quasi-obligatoires Alpines et Saanen qui font deux fois plus de lait. La race, qui n'a pas été sélectionnée à outrance pour sa productivité, est rustique (résistante, adaptée au milieu naturel). Le lait des poitevines est délicieux, presque sucré, et donne des fromages différents, au goût doux et subtil...

Nous laissons les mères allaiter et prendre soin de leurs petits pendant un mois et demi à deux mois (pas de lait en poudre ici!), nous entendons ainsi respecter au maximum l'équilibre de cet animal qui a accompagné les humains au fil des âges... Il nous semble que la protection des animaux et leur respect passe par le petit élevage éthique, afin de proposer au consommateur de produits d'origine animale une alternative aux produits de l'élevage intensif... La question de l'abattage des petits mâles (il ne peut y avoir de fromage sans en passer par là) est une question qui nous touche, et nous prenons la responsabilité de leur mise à mort, en pleine conscience… Tant qu'il y aura du fromage industriel (tant que vous en achèterez, il y en aura!), il y aura de la souffrance animale sévère. Quand il n'y en aura plus, on en reparlera!

Poules

Nous avons mis en place dès la deuxième année un petit atelier poules pondeuses (une vingtaine de poules): les œufs bio, très recherchés, sont un petit complément de revenus, et concrétisent notre souhait de diversifier notre stand au marché pour refléter la réalité d'une vraie ferme! Nous prenons plaisir à élever des poules de races, plus belles les unes que les autres, aux œufs multicolores! Nous prévoyons d'y ajouter une cinquantaine de poules en 2016 et d'essayer de faire un peu de reproduction, les poules de race étant difficiles à trouver en bio!

Cochons, Anes, Brebis

La ferme compte maintenant deux ânes, Otuff et Rex, avec qui nous projetons de proposer des ballades pour faire découvrir les trésors cachés de la montagne de Serrabone, et aussi trois brebis corses, que nous allons tenter d'intégrer au troupeau, pour la diversité et en vue de faire de délicieux yaourts... Pour valoriser le lactosérum nous prendrons encore des cochons, dont un collectif (acheté par les villageois, nourri à la ferme, puis transformé par les villageois!)

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